Gare aux contes de fée qui finissent mal

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La liste constituée par Sabine Herold – Fillias pour les élections du Bureau d’Alternative Libérale est, par opposition à celle d’Aurélien Véron,  une liste destinée à faire reposer le parti quasi-exclusivement sur l’image de son président. Sabine a fait l’objet d’un travail de médiatisation relativement important au cours des derniers mois – dans un style “people”. Les autres membres de sa liste sont effacés et non-médiatisables. Et pour cause, il s’agit essentiellement de membres de l’ancien Bureau, qui avaient été placés là pour ne pas faire de vagues (voir le “petit historique“).

Cette stratégie de “people-isation” fondée sur l’image d’une icone médiatique est dangereuse pour un tout petit parti comme Alternative Libérale. Surtout quand l’icone médiatique est loin d’être aussi efficace qu’un Besancenot, un Le Pen ou un Bayrou et quand la stratégie de communication du parti est mauvaise.

Sabine est photogénique et intelligente, c’est incontestable. Cependant, il lui manque beaucoup de bouteille. Il suffit de visionner la vidéo du débat de novembre 2007 avec Julie Coudry, syndicaliste étudiante, pour s’en rendre compte (sujet: les manifestations étudiantes). Julie Coudry est pugnace, claire et fait passer son message – elle est à sa place et remplit pleinement son objectif: donner une image positive de son mouvement. Sabine, elle, ressemble à une Sciences-Po-HEC, ce que Julie Coudry ne manque pas de lui faire remarquer. Physiquement, elle a constamment l’air en tension ne travaille absolument pas sur le sourire, la séduction, qui est l’objectif premier en politique.  Sur le fond, son message n’est pas clair – elle semble critiquer le mouvement étudiant (étudiants manipulés) tout en expliquant que les étudiants ont raison de se plaindre. La dérive du débat sur les syndicats en général n’est pas inintéressante mais elle est hors sujet par rapport à la thématique des étudiants, qui est l’attente de l’auditeur. 

Le passage chez Rucquier, aux cotés de Jean-Marie Bigard, est encore pire en termes d’image : plus souriante en début d’émission, Sabine y fait un peu figure de “jeune potiche” (ce qu’elle n’est pas) et doit ensuite se montrer aggressive pour s’imposer sur le plateau (elle n’y arrive pas). Elle ne fait pas le poids face à Jean-Marie Bigard, qui prend sa place en tant que défenseur des anti-grèves avec de l’humour et du franc-parler. Au final, on a envie de voter Bigard, pas Alternative Libérale. Erreur de casting, Edouard Fillias, habitué des “grandes gueules”, aurait probablement été meilleur à coté de Bigard.

Sabine n’est pas mauvaise. Mais elle n’est pas phénoménale et elle manque sérieusement de métier. Faire reposer la destinée d’Alternative Libérale sur sa seule image serait un pari très risqué.

Par ailleurs, la politique de communication qui est gérée par son entourage est très mauvaise.  L’erreur de casting de l’émission de Rucquier est un exemple. Le passage de Sabine sur France 2, toujours en novembre, en est un autre. Sabine y apparait comme une petite bourgeoise, qui idolâtre Margaret Thatcher et casse du syndicaliste pour s’amuser. Le site officiel du parti dénonce “France 2 se paie Mademoiselle Thatcher”, alors que ce cafouillage est le résultat d’un amateurisme inouï de la part de Sabine et de Jean-Paul Oury, responsable presse du parti. Ce dernier s’offusque  naïvement: “mais on m’avait dit que ce serait un portrait de Sabine”, alors que la règle n°1 en matière de communication est de tout contrôler, de tout maitriser et de ballader les journalistes là où on veut les mener, pas l’inverse. Mais qui pouvait croire un instant que France 2 allait faire une portrait complaisant de “Mademoiselle Thacher” ?

De manière générale, l’image de “Mademoiselle Thatcher” est un tue-l’amour pour la majorité des français. Cette image fait peut-être plaisir aux quelques libéraux qui ont franchi le seuil d’Alternative Libérale, mais elle est très négative auprès du commun des français. Thatcher ? C’est pas cette vieille peau anglaise qui envoie les flics taper sur les pauvres mineurs qui crèvent la faim ? Si Sabine Herold-Fillias doit rester porte-parole d’Alternative Libérale, il faudra changer cette image et en trouver une autre, plus séduisante. Jean-Paul Oury, qui était supposé gérer l’image de Sabine dans les médias et se présente à nouveau sur sa liste, s’extasie parce que Sabine est l’un de ses meilleurs atouts auprès des journalistes. Oui, mais ce n’est pas parce que les journalistes veulent un jolie fille sur leurs plateaux qu’Alternative Libérale va gagner du poids dans le paysage politique français. L’obtention de passages médias n’est pas une fin en soi, il faut viser un résultat précis en termes d’image. A quand une émission chez Cauet ?

Alternative Libérale fourmille de talents qui ne demandent qu’à s’exprimer – il n’y a qu’à jeter un oeil sur la liste présentée par Aurélien Véron. Sabine a choisi de former avec ses 7 colistiers une liste centrée sur sa personne - c’est la stratégie “Blanche-Neige et les 7 nains”. Mais gare aux contes de fée qui finissent mal…