Le ni-ni à la sauce libérale
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Maggie Thatcher désavouée par Sabine, alias “Melle Thatcher”… |
* Interview dans The Sun, 21/7/78 (“je suis un conservateur et c’est pourquoi je n’essaie pas d’être ce que je ne suis pas”)
Derrière la polémique se cachent en réalité deux questions :
- indépendance à tout prix ou possibilité de conclure des alliances ? A écouter certains militants, on dirait qu’Alternative Libérale devrait rester totalement indépendante, en quelque sorte politiquement vierge, non souillée par d’horribles compromis avec les vilains conservateurs de la droite ou les méchants égalitaristes de la gauche. Mais dans ce cas, il faut se poser la question fondamentale des objectifs de ce parti. En effet, sans alliance politique (c.a.d. “toi y en a mettre moi et mon logo sur ta liste et moi y en a aimer toi le temps d’une élection”) Alternative Libérale fera élire, dans le meilleur des cas, quelques conseillers municipaux à Francheville-les-oies. Non pas par manque de talent, mais simplement en raison du système électoral bipolaire français. Pas d’alliance = pas d’élus = pas d’influence. Un parti politique sans pouvoir politique sert-il à quelque chose ? Si c’est pour faire de l’agit-prop, il y a Liberté Chérie.
- tendance plutôt à droite ou tendance plutôt à gauche ? Le problème, c’est que les français ne connaissent que le mode bipolaire. Quand ils votaient UDF, ils pensaient “centre-droite” et quand ils votent Modem ils pensent “centre-gauche”. Alors quand on lui dit “ni droite, ni gauche”, le bon gaulois ressent la même chose que lorsqu’il tombe par hasard sur un tableau cubiste dans un musée (“où est la sortie ?”). Quant au public des libéraux, soyons honnêtes et rangeons de coté nos manuels du bon libéral: les grandes masses sont allés rejoindre les rangs de la droite et ceux qui se dévouent pour Alternative Libérale ont fait leurs armes à l’UMP, chez DL ou au PR. D’ailleurs, même la liste Herold-Fillias n’ose pas présenter Ludovic Lassausce, fidèle parmi les fidèles, parce qu’il s’est grillé en appelant à voter Delanoe.
Alors qu’en conclure en ce qui concerne nos amis candidats ?
Tout d’abord laissons de coté les grands discours des deux candidats sur l’indépendance du parti. Les deux candidats sont conscients du fait que, pour un petit parti comme Alternative Libérale, “indépendance” revient à “insignifiance”, même si le “ni-ni” à la sauce libérale est très gratifiant pour ceux qui scandent ce slogan. Mais les prochaines élections seront les élections européennes et il faudra bien constituer une liste avec quelqu’un. Les deux factions le savent très bien et Véron parle de “dialogue” là où Fillias-Herold dit “il faudra chercher les meilleurs partenaires pour présenter des listes communes”. Bref, les deux factions sont pour des alliances.
Sur la question droite/gauche, Véron est assez clair dans ses propos: il veut discuter avec les Novelli, les Courson et autres Goulards, et pas avec le Modem ou ses amis socialistes. Contrairement à la caricature que souhaite en faire la faction Fillias, il n’a évidemment jamais dit ou écrit qu’il souhaitait inféoder AL à l’UMP et les personalités de droite citées plus haut ne sont clairement pas des amis de Sarkozy. La candidate Herold-Fillias, quant à elle, est assez claire … dans l’opacité de son discours: son “ni-droite, ni-gauche”, alors qu’elle a admis le principe des alliances, est en réalité un “droite ou gauche, on ne se ferme aucune porte”. Le passé (appel à votre Bayrou, déclaration de vote pour Delanoe) a montré que la faction Fillias qu’elle représente ne recule devant aucune sorte d’alliance si les promesses électorales sont alléchantes.
Le choix se pose donc dans les termes suivants: pensez-vous comme Véron que le dialogue avec d’autres partis doit pencher plutôt vers la droite du nouveau centre et des ex-Démocratie Libérale – ou pensez-vous comme Herold-Fillias qu’il faut être opportuniste, même si cela passe par une alliance avec le Modem ?

25 février 2008 à 4:59
[...] avons déjà eu l’occasion de disserter sur cette question de l’indépendance. Il est clair que derrière les grandes phrases sur l’indépendance des deux candidats, [...]