Les programmes des candidats: l’action contre le néant

Nous avions eu le plaisir de comparer les équipes, voici une comparaison des programmes. Là encore, le contraste est saisissant: un programme tout entier tourné vers l’action du coté d’Aurélien Véron, le vide intersidéral du coté de Sabine Herold-Fillias. Mais voyons le détail.
Indépendance du parti
Nous avons déjà eu l’occasion de disserter sur cette question de l’indépendance. Il est clair que derrière les grandes phrases sur l’indépendance des deux candidats, chacun sait qu’aucune élection ne sera gagnée sans une alliance avec un ou plusieurs autres partis, parce que le système électoral français est ainsi fait. Véron parle de “dialogue” là où Fillias-Herold dit “il faudra chercher les meilleurs partenaires pour présenter des listes communes”. Bref, les deux factions sont pour des alliances.
La seule question est celle de savoir avec quels partis ces alliances sont envisagées. De ce point de vue, ce que dit Aurélien Véron est clair: ” dialogue avec des élus d’autres formations qui partagent nos valeurs” et ”de tels rapprochements sont aujourd’hui impensables avec les socialistes ou avec le Modem”. Ce que dit Sabine Herold-Fillias est absolument opaque, puisque sur 2 pages consacrées au sujet il est impossible de tirer autre chose que de la langue de bois. Regardons donc les actes, plutôt que les paroles: la faction Fillias a dans le passé appelé à voter Bayrou pour les présidentielles, Delanoe pour les municipales et l’un de ses membres éminents se dit de la “gauche libérale”. Ainsi, les choses sont plus claires.
Action d’un coté, langue de bois de l’autre
Le programme de Sabine Herold est tout entier fondé sur une sorte de “vision” qu’aurait eu la tête de liste (le soir au coin du feux avec son cher époux ?) : “mon programme tient en réalité en deux mots : indépendance et unité”. Sur 11 pages de programme, seulement 3 pages sont consacrées aux moyens concrets qui sont envisagés pour faire avancer le parti! Le programme d’Aurélien Véron est, à l’opposé, un plan d’action: il y propose, avec son équipe, plusieurs actions concrètes pour changer le parti, qui se différencient clairement de la gestion d’Alternative Libérale depuis 2 ans. En fait, plutôt qu’un programme de “vision”, il s’agit d’un plan pour transformer le parti en machine de guerre politique en faveur du libéralisme.
1. Sur le plan du fonctionnement interne
Sabine Herold-Fillias prévoit 3 pistes : “un Bureau à l’écoute” (comme c’est gentil), un Bureau qui dialogue avec le Conseil National (ce que prévoient déjà les statuts du parti) et un transfert de 40% des ressources du parti aux comités locaux. Seule cette dernière mesure en est vraiment une (calquée sur celle d’Aurélien Véron) – pour le reste, circulez, il n’y a rien à voir.
Aurélien Veron prévoit tout d’abord une mesure phare: professionaliser les missions essentielles de l’informatique, de la communication et la gestion financière. On ne s’étonnera pas de ne pas lire la même chose dans le programme de Sabine Herold Fillias: le responsable presse et une personne liée au prestataire informatique y figurent ! Citons Aurélien Véron: “Des missions aussi importantes que la communication, les relations presse ou encore l’outil Internet ne peuvent être confiées à des amateurs ou à des prestataires directement liés à certains membres du Bureau“. On a déjà eu l’occasion d’analyser ici les loupés de la communication de l’équipe sortante. Ensuite, Aurélien Véron et son équipe proposent, comme l’autre liste, le reversement d’un pourcentage des ressources nationales aux comités locaux et aux fédérations – mais aussi d’équilibrer le site internet du parti (actuellement parisiano-parisien) en faveur des comités locaux et de leurs actions. Surtout, Aurélien Véron prévoit de se concentrer sur le travail de terrain, de réseaux au niveau local, pour ancrer le parti dans le paysage politique de manière durable, par opposition aux “coups médiatiques” parisiens de la période Fillias.
2. Sur le plan médiatique
Sabine Herold prévoit tout d’abord une “cellule de réactivité média”, joli concept qui “mettra en musique les actions de réactivité” (sic) – c’est tellement beau qu’on dirait du Ségolène Royal. Puis, il est précisé qu’il faudra multiplier les porte-parole. Ce point est naturellement destiné à contrer le reproche fait par de nombreux militants à la centralisation médiatique du parti autour de Sabine Herold-Fillias. Mais il suffit de compter les 11 photos de Sabine sur son programme pour entrevoir la réalité derrière le discours officiel. Enfin, il est proposé de doter tous les comités locaux et fédérations de sites web. Un exemple de plus d’amateurisme élémentaire, qui se perd dans une “vision” de centaines de sites web, au mépris de la réalité pragmatique. Un site web ne vit que s’il est alimenté régulièrement et abondamment. Dans la même veine, Sabine Herold propose un projet de télévision sur Internet – pourquoi Alternative Libérale ne sponsoriserait-elle pas le Tour de France, tant qu’on y est !
Aurélien Véron dénonce à la fois la centralisation médiatique du parti autour d’un nombre restreint de personnes, et le système des petits “coups médiatiques parisiens” (foireux) qui a prévalu lors de l’ère Filias. Il propose d’établir un plan de communication cohérent – fini les appels à voter Delanoe pendant que des militants tractent pour AL à Paris - conçu par des professionnels. Il propose également de faire contribuer les comités locaux et les fédérations à l’outil Internet du parti, en leur réservant une large place sur le site national d’Alternative Libérale. Ce dernier pour ainsi passer du statut de vitrine un peu morne à un statut de véritable site d’information pour les journalistes et les adhérents.
3. Sur le plan des élections
Le programme de Sabine Herold fait grand cas de sa présence médiatique et reproduit des photos sur lesquelles elle sourit fièrement aux cotés de Messieurs Barroso et Aznar. Il est certain qu’elle a du prendre beaucoup de plaisir à rencontrer ces grandes pointures internationales. Mais que propose-t-elle pour participer avec succès aux prochaines échéances électorales en France ? Hmmm. Rien.
Du coté de Aurélien Véron, on parle concrèt puisque les élections de nos députés européens approchent: “Nous devons nous fixer l’objectif de nous rapprocher des listes les plus proches de nos valeurs, dans l’objectif d’obtenir plusieurs places éligibles pour nos têtes d’affiche. Il reviendra au Conseil National et au Premier Conseiller de débattre et de valider une telle opération ponctuelle”. Comme on a déjà pu le faire remarquer, les membres de la liste d’Aurélien Véron sont quasiment tous impliqués dans les élections municipales en cours – l’un d’entre eux a même déjà été élu dans le passé. Chez Sabine Herold: beaucoup de “visions”, peu de travail sur le terrain.
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Pour finir, il faut relever un point des plus cocasses. Dans son programme, Sabine Herold Fillias dit vouloir approfondir les relations avec les réseaux et associations libérales et se targue d’être co-fondatrice de l’une des premières d’entre elles, Liberté Chérie. Or, il n’aura échappé à personne que Liberté Chérie a décidé de soutenir Aurélien Véron ! Entre langue de bois et plan d’action, l’approche pragmatique et concrète de ce dernier l’aura emporté dans le coeur des libéraux.