Questions à Aurélien Véron

A) Quelle stratégie suggérez-vous pour augmenter le nombre d’adhérents du parti, notamment dans les régions ? Quelles règles pour financer les comités régionaux et locaux ?
L’avenir du parti doit reposer sur les militants et comités locaux, pas sur une poignée de dirigeants au niveau parisien. Certains comités fonctionnent actuellement mieux que d’autres. Nous devons donc affecter des ressources importantes à la création de nouveaux comités et au renforcement des comités existants. Nous organiserons des réunions régulières entre responsables locaux afin de multiplier les échanges entre eux et de permettre aux plus dynamiques d’exposer les méthodes qui font leur succès. Il est aussi important que les membres du Bureau se déplacent régulièrement en région pour entendre les suggestions, les critiques, ouvrir des débats et encourager les initiatives locales. C’est au niveau des fédérations que nous redémarrerons notre dynamique de croissance, par le recrutement de nouveaux militants. C’est aussi en leur sein que nous trouverons les nouveaux talents qui contribueront au succès d’Alternative Libérale au niveau national.

Pour que cette stratégie fonctionne, il faut donner envie aux comités de passer à l’action et de recruter : d’abord en mettant à leur disposition une partie des adhésions reçues selon une proportion négociée (50/50 ?) et validée par le Conseil National pour l’année. Ensuite en leur donnant une véritable place sur notre site Internet, qui doit devenir une vitrine beaucoup plus dynamique et plus représentative de notre formation. Il n’est pas tolérable d’entendre certains responsables dire qu’ils ont honte de notre site, pas mis à jour et au contenu insuffisant.

B) Selon vous, AL peut il passer des accords avec d’autres partis, et si oui, sous quelles conditions ?
Nous sommes tous profondément attachés à l’indépendance d’Alternative Libérale. Notre formation ne doit pas pour autant rester isolée, coupée du monde politique. De façon très concrète et pragmatique, le système électoral français fait qu’un un petit parti comme le nôtre n’a quasiment aucune chance d’obtenir des élus – ce qui est la première vocation d’un parti politique – sans l’appui d’autres formations. Dés notre lancement, nous avions annoncé que nous serions un parti de coalition. Mais pas à n’importe quel prix, ni pour satisfaire n’importe quelle ambition. Dans la recherche de rapprochements à l’échelle nationale ou européenne, certaines règles doivent être respectées. Première obligation de fond : les valeurs de notre partenaire doivent être proches des nôtres pour que notre accord ait du sens. Deuxième condition : avoir l’accord du Conseil National après débat. En attendant, nous devons encore grandir pour être en position de discuter dans ce sens.

Je sais que la question sensible en la matière est de savoir si de tels rapprochements doivent se situer plutôt à gauche ou à plutôt droite. Je ne veux pas manier la langue de bois et je dis sans complexe qu’une alliance avec le parti socialiste où un parti apparenté au parti socialiste serait contraire à mes convictions.

C) Selon vous, quel doit être le rôle d’un président d’AL, et quels autres rôles doit il distribuer au sein du bureau ?
Un parti est une machine de guerre politique, qui a pour objectif de s’implanter durablement dans le paysage politique et de faire élire le plus grand nombre de membres possibles à toutes les élections. Le Président est celui qui doit faire en sorte que les ressources matérielles, financières et humaines du parti soient mise en œuvre efficacement pour atteindre cet objectif, conformément aux orientations stratégiques fixées par le Conseil National.

Le président doit tout d’abord défendre une vision, un projet. Le Bureau est, selon nos statuts, l’organe exécutif du parti. Le rôle du président est donc celui d’un animateur directif de l’équipe du Bureau – c’est lui qui a constitué son Bureau, ses membres sont donc en principe en accord avec lui. L’absence de consensus au sein du bureau est la raison de l’échec du Bureau sortant et cela ne doit pas se reproduire. Il est nécessaire que l’équipe soit motivée et soudée. Dans cet environnement de confiance, ses membres doivent faire preuve d’initiative tout en respectant les orientations fixées par le Président et par le Conseil National.

Pour servir son projet, le Président doit savoir confier certaines missions à ceux des membres du Bureau qui ont une expertise particulière, représenter le parti auprès de personnalités sensibles (par exemple les hommes politiques importants d’autres formations ou les donateurs importants), et veiller à ce que le parti recrute de nouveaux talents pour croître. Le président est également responsable de la gestion du parti, il doit faire en sorte que les finances du parti soient gérées avec efficacité et que toutes les ressources du parti soient utilisées le plus efficacement possible. Evidemment, un membre du bureau ayant la fonction de trésorier devra être présent et rigoureux pour ne pas replonger le parti dans les négligences passées.

Le Président est également le garant de la cohésion des membres, en permettant le dialogue entre les institutions du parti et entre le niveau national et le niveau local. En ce sens, la communication avec le Conseil National est clairement une priorité, un membre du Bureau devra s’y consacrer pleinement. Le travail avec les comités et les fédérations devra aussi être renforcé, en partenariat avec les 21 futurs Conseillers Locaux élus. Un membre du Bureau devrait s’y consacrer pleinement.

La communication extérieure exige des outils qui permettront enfin leur exploitation simple et rapide: Internet, communiqués, Newsletter. Une personne réactive doit prendre en main ces aspects essentiels de notre fonctionnement sur le plan informatique. Mais cette personne ne doit pas être, comme c’est le cas actuellement, liée au prestataire informatique externe qui est retenu. Un parti libéral se doit de retenir les solutions les plus efficaces, sans conflit d’intérêt.

La communication est une question stratégique. Elle doit être confiée à des professionnels avec un budget consacré à ce poste sensible. En la matière, je suis partisan de trois principes :
(1) la personne du bureau en charge de la communication aura pour fonction de gérer la relation avec des prestataires professionnels externes – auxquels il ne devra pas être lié par des intérêts personnels comme c’est le cas aujourd’hui,
(2) il faut former plusieurs porte-parole – pour ne pas être l’otage d’une ou deux personnes – en recherchant au sein du parti tous les talents susceptibles de mettre en avant nos idées dans les médias,
(3) les porte-parole doivent respecter très strictement les orientations fixées par le parti afin que notre message soit toujours percutant et cohérent.

E) Quelle est la principale qualité de votre adversaire ? S’il/elle gagne, quel rôle souhaiterez-vous exercer au sein du parti ?
Je n’ai pas un « adversaire ». J’ai formé une équipe et un projet, et cette équipe et ce projet sont différents de la liste constituée par Sabine. J’apprécie Sabine et Edouard, nous avons fondé ce parti ensemble, mais aussi – à divers degrés – les membres de son équipe, même s’il s’agit des membres du bureau dont j’ai voulu la dissolution parce qu’il était tout entier inféodé au projet d’Edouard. Si mon équipe et moi ne sommes pas élus, je continuerai naturellement à œuvrer au sein du parti. J’ai de nombreux amis au Conseil National et je n’abandonnerai pas mes idées et ma motivation pour Alternative Libérale en raison d’un échec électoral.
F) Comment comptez-vous tirer parti des talents qui figureront dans la liste perdante si vous gagnez (sous réserve qu’ils le veulent bien, évidemment) ?
Je pense qu’un travail important a été réalisé sur l’image de Sabine au cours de l’année passée et je trouverais dommage que Sabine ne reste pas l’un de nos porte-parole. Je doute d’ailleurs fortement, étant donné l’intérêt personnel qu’elle y trouve, que Sabine abandonnerait cette position en cas d’échec de sa liste aux élections. Pour ce qui est des autres membres de sa liste, je suis pour que l’ensemble des talents qui existent au sein de ce parti puissent s’exprimer. Il n’est pas question d’exclure qui que ce soit, chacun devant pouvoir mettre ses compétences au service de nos objectifs et de nos idées.

J’ai un très grand respect pour le travail passé de Laurence Petit et de Christian Tarro-Toma, pour ne citer qu’eux. Je ne vois aucune raison, s’ils le souhaitent demain, de ne pas les voir figurer dans le futur Conseil d’Orientation pour continuer à avancer ensemble.

I) Quelle est votre position personnelle sur les 3 sujets de sociétés suivants: Drogues, immigration, avortement ?
Mes convictions personnelles sont connues de tous, je continuerai à les exposer sur mon blog à titre personnel. Dans le cadre de la lutte contre les trafics illicites, je suis favorable à la légalisation de la production et de la distribution des produits cannabiques dans un cadre réglementé qui en interdise la vente aux mineurs.
Ensuite, l’immigration est selon moi une chance pour un pays comme le nôtre. Elle apporte du sang neuf, un potentiel important de création de valeur, une ouverture sur les pays d’origine des nouveaux venus. Extrêmement critique à l’égard de notre modèle social qui bloque l’assimilation aussi bien des immigrés récents que de leurs descendants français, je crois prioritaire de nous attaquer à lui en réponse aux craintes de ceux qui perçoivent à tort l’immigration comme une menace.
Enfin, je suis très attaché au droit des femmes de pratiquer l’IVG.

En revanche, je ne vois pas l’intérêt que notre parti aurait à mettre officiellement en avant le thème des drogues qui est extrêmement complexe, un tabou en France qui, à mon sens, n’apporterait pas de plus-value à notre discours et à notre image. Au contraire, il me parait important de rompre avec cette image de « parti de fumeurs de joints » qui nous nuit politiquement.

(à suivre …)

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