Questions à Aurélien Véron
Pour que cette stratégie fonctionne, il faut donner envie aux comités de passer à l’action et de recruter : d’abord en mettant à leur disposition une partie des adhésions reçues selon une proportion négociée (50/50 ?) et validée par le Conseil National pour l’année. Ensuite en leur donnant une véritable place sur notre site Internet, qui doit devenir une vitrine beaucoup plus dynamique et plus représentative de notre formation. Il n’est pas tolérable d’entendre certains responsables dire qu’ils ont honte de notre site, pas mis à jour et au contenu insuffisant.
Je sais que la question sensible en la matière est de savoir si de tels rapprochements doivent se situer plutôt à gauche ou à plutôt droite. Je ne veux pas manier la langue de bois et je dis sans complexe qu’une alliance avec le parti socialiste où un parti apparenté au parti socialiste serait contraire à mes convictions.
Le président doit tout d’abord défendre une vision, un projet. Le Bureau est, selon nos statuts, l’organe exécutif du parti. Le rôle du président est donc celui d’un animateur directif de l’équipe du Bureau – c’est lui qui a constitué son Bureau, ses membres sont donc en principe en accord avec lui. L’absence de consensus au sein du bureau est la raison de l’échec du Bureau sortant et cela ne doit pas se reproduire. Il est nécessaire que l’équipe soit motivée et soudée. Dans cet environnement de confiance, ses membres doivent faire preuve d’initiative tout en respectant les orientations fixées par le Président et par le Conseil National.
Pour servir son projet, le Président doit savoir confier certaines missions à ceux des membres du Bureau qui ont une expertise particulière, représenter le parti auprès de personnalités sensibles (par exemple les hommes politiques importants d’autres formations ou les donateurs importants), et veiller à ce que le parti recrute de nouveaux talents pour croître. Le président est également responsable de la gestion du parti, il doit faire en sorte que les finances du parti soient gérées avec efficacité et que toutes les ressources du parti soient utilisées le plus efficacement possible. Evidemment, un membre du bureau ayant la fonction de trésorier devra être présent et rigoureux pour ne pas replonger le parti dans les négligences passées.
Le Président est également le garant de la cohésion des membres, en permettant le dialogue entre les institutions du parti et entre le niveau national et le niveau local. En ce sens, la communication avec le Conseil National est clairement une priorité, un membre du Bureau devra s’y consacrer pleinement. Le travail avec les comités et les fédérations devra aussi être renforcé, en partenariat avec les 21 futurs Conseillers Locaux élus. Un membre du Bureau devrait s’y consacrer pleinement.
La communication extérieure exige des outils qui permettront enfin leur exploitation simple et rapide: Internet, communiqués, Newsletter. Une personne réactive doit prendre en main ces aspects essentiels de notre fonctionnement sur le plan informatique. Mais cette personne ne doit pas être, comme c’est le cas actuellement, liée au prestataire informatique externe qui est retenu. Un parti libéral se doit de retenir les solutions les plus efficaces, sans conflit d’intérêt.
La communication est une question stratégique. Elle doit être confiée à des professionnels avec un budget consacré à ce poste sensible. En la matière, je suis partisan de trois principes :
(1) la personne du bureau en charge de la communication aura pour fonction de gérer la relation avec des prestataires professionnels externes – auxquels il ne devra pas être lié par des intérêts personnels comme c’est le cas aujourd’hui,
(2) il faut former plusieurs porte-parole – pour ne pas être l’otage d’une ou deux personnes – en recherchant au sein du parti tous les talents susceptibles de mettre en avant nos idées dans les médias,
(3) les porte-parole doivent respecter très strictement les orientations fixées par le parti afin que notre message soit toujours percutant et cohérent.
J’ai un très grand respect pour le travail passé de Laurence Petit et de Christian Tarro-Toma, pour ne citer qu’eux. Je ne vois aucune raison, s’ils le souhaitent demain, de ne pas les voir figurer dans le futur Conseil d’Orientation pour continuer à avancer ensemble.
Ensuite, l’immigration est selon moi une chance pour un pays comme le nôtre. Elle apporte du sang neuf, un potentiel important de création de valeur, une ouverture sur les pays d’origine des nouveaux venus. Extrêmement critique à l’égard de notre modèle social qui bloque l’assimilation aussi bien des immigrés récents que de leurs descendants français, je crois prioritaire de nous attaquer à lui en réponse aux craintes de ceux qui perçoivent à tort l’immigration comme une menace.
Enfin, je suis très attaché au droit des femmes de pratiquer l’IVG.
En revanche, je ne vois pas l’intérêt que notre parti aurait à mettre officiellement en avant le thème des drogues qui est extrêmement complexe, un tabou en France qui, à mon sens, n’apporterait pas de plus-value à notre discours et à notre image. Au contraire, il me parait important de rompre avec cette image de « parti de fumeurs de joints » qui nous nuit politiquement.